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LE
JARDIN DES TULIPES Les tulipes botaniques sont très peu
connues du grand public. Souvent confondues avec leurs cousines horticoles
(= cultivées en jardin), les tulipes sauvages nen sont
pas moins admirables. Leur variété de couleur, de forme
et de senteur ne laissent personne indifférent. Et le mystère
sur leur origine orientale ou issue dune hybridation, ne fait
que nous attirer davantage. Les tulipes sauvages sont toutes en voie
de disparition. Certaines ont même déjà disparues
à létat sauvage, et ne subsistent que grâce
à des cultures.
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Une tulipe endémique
: la Tulipe de Guillestre
La Tulipe de Guillestre, Tulipa
platystigma Jordan, fût
découverte et décrite en 1866 par Jordan, grand botaniste du
XIXe qui a beaucoup travaillé sur les plantes daltitude. Signalée une dernière fois en 1884, elle disparût totalement aux yeux des botanistes pendant plus dun siècle. Toujours connue des gens du pays, sans toutefois quils nen mesurent sa rareté, elle attira lattention de lancien curé de Risoul, botaniste renommé des Hautes-Alpes, André Foy. Cest ainsi que la Tulipe de Guillestre fût à nouveau découverte en 1992, grâce aux partenariats de nombreux spécialistes locaux, et notamment du Conservatoire Botanique National Alpin de Gap-Charance |
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Description
Hauteur : 20 à 30 cm, tige flexible
Feuilles : larges et ondulées sur les bords
Fleur : rose-lilas. Le cur est bleu-violacé. Les pétales
se terminent en petite pointe au sommet
Particularités de lespèce
Tulipa platystigma fait partie des « néotulipes »,
comme les autres tulipes du jardin de la Maison
de la Nature des Hautes-Alpes. Son origine est incertaine : est-elle
issue des populations relictuelles ouest-européenne apparentées
aux taxons dAsie centrale, ou vient-elle dune naturalisation à
partir de jardins de lépoque romaine ? La question nécessiterait
des comparaisons ADN pour être résolue.
Distribution
La tulipe de Guillestre est une plante endémique, cest-à-dire
quelle ne vit que dans une zone géographique précise.
On ne la trouve que dans le guillestrois.
Écologie
La tulipe de Guillestre croissait auparavant dans les prairies de fauche et
de pâturage
Les menaces
· Cueillette et arrachage
· Intensification des
cultures
· Fermeture des milieux
· Urbanisation
· Population restreinte
Statut de protection
Inscrite au Livre Rouge des espèces menacées
Situation actuelle
Aujourdhui, il ne reste plus quun foyer de tulipes de Guillestre,
composé dune vingtaine de plantes.
Sa protection est urgente. Cest une partie importante de notre patrimoine
local
La convention
La Maison de la Nature des Hautes-Alpes est liée au Conservatoire Botanique de Gap Charance par une convention
dans le but de reproduire et sensibiliser la population locale à l'importance
et la rareté des tulipes sauvages. Ainsi, le Conservatoire Botanique
s'engage à fournir le matériel végétal, tout en
accompagnant le travail au jardin de conseils et de règles techniques
indispensables au maintien des cultures.
De son côté, la Maison
de la Nature des Hautes-Alpes s'engage à :
* réaliser les interventions horticoles et le suivi annuel des cultures
* mettre en oeuvre la sensibilisation du grand public et des scolaires à
la rareté des tulipes sauvages, et en particulier la Tulipe de Guillestre,
endémique du guillestrois
Travail sur une année
La bulbiculture
Afin de préserver les espèces présentes dans le jardin,
la reproduction des tulipes se fait uniquement par les bulbes. Ainsi, sitôt
après la floraison, la fleur est coupée mais pas les feuilles.
En continuant la photosynthèse, sans sépuiser à
fournir des graines, le bulbe va se régénérer tout en
produisant des bulbes fils. Cest ce quon appelle la reproduction
végétative.
Au cours de lété, les bulbes sont sortis. Ils sont alors
séparés des bulbes fils, stockés puis replantés
à lautomne.
La virose
La virose est un virus qui panache les feuilles des tulipes. Bien que parfois
esthétique, il est nécessaire de détruire les pieds touchés
pour préserver lespèce.
Le jardin de la Maison
de la Nature des Hautes-Alpes :
Les tulipes présentes à la Maison
de la Nature des Hautes-Alpes bénéficient dun programme de protection. Elles sont toutes
en voie de disparition ou déjà disparues.
On y trouve :
· la Tulipe de Maurienne, Tulipa mauriana Jordan & Fourr. : En danger - Alors qu'elles étaient
encore abondante dans les années 50, ces tulipes se sont gravement
raréfiées, notamment à cause de l'abandon de certaines
cultures
· la Tulipe de Didier,
Tulipa didieri Jordan : En danger - Cette tulipe fût cru disparue
puis retrouvé en 1990 dans un ancien jardin ouvrier de Maurienne où
il ne reste que quelques individus
· la Tulipe d'Aime, Tulipa aximensis Marjollet : Éteinte - le dernier foyer de cette
petite tulipe aux senteurs d'aneth fût recensé en 1974
· la Tulipe de Billiet,
Tulipa billietana Jordan : Éteinte - le dernier foyer connu, en
Savoie, a été détruit par des travaux en 1991
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Ces espèces sont le plus souvent messicoles : elles vivent dans
les cultures, les prairies de fauche ou encore les pâturages de basse
altitude.
Lévolution de lagriculture et les changements dexploitation
des terres quelle occasionne défavorise les tulipes : lutilisation
de machine ou lavancement dans les dates de fauchage peuventdétruire
les bulbes ou les ensevelir trop profondément.
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