LE JARDIN DES TULIPES

Visite chaque année fin avril – début mai, en fonction de la floraison !

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 Les tulipes botaniques sont très peu connues du grand public. Souvent confondues avec leurs cousines horticoles (= cultivées en jardin), les tulipes sauvages n’en sont pas moins admirables. Leur variété de couleur, de forme et de senteur ne laissent personne indifférent. Et le mystère sur leur origine orientale ou issue d’une hybridation, ne fait que nous attirer davantage. Les tulipes sauvages sont toutes en voie de disparition. Certaines ont même déjà disparues à l’état sauvage, et ne subsistent que grâce à des cultures. 
La France compte 14 espèces de tulipes sauvages. 12 d’entre elles sont inscrites au Livre Rouge* des espèces menacées.
8 espèces sont inféodées aux Alpes, dont 3 ont disparues et 5 sont en voie d’extinction.


* Livre Rouge : liste des espèces menacées et de leur degré de protection
Le département des Hautes-Alpes, et en particulier le Guillestrois, compte une de ces merveilles dans son patrimoine naturel : la tulipe de Guillestre

  visite jardin
  fleurs

Une tulipe endémique : la Tulipe de Guillestre                                                       

La Tulipe de Guillestre, Tulipa platystigma Jordan, fût découverte et décrite en 1866 par Jordan, grand botaniste du XIXe qui a beaucoup travaillé sur les plantes d’altitude.
Signalée une dernière fois en 1884, elle disparût totalement aux yeux des botanistes pendant plus d’un siècle. Toujours connue des gens du pays, sans toutefois qu’ils n’en mesurent sa rareté, elle attira l’attention de l’ancien curé de Risoul, botaniste renommé des Hautes-Alpes, André Foy.
 C’est ainsi que la Tulipe de Guillestre fût à nouveau découverte en 1992, grâce aux partenariats de nombreux spécialistes locaux, et notamment du Conservatoire Botanique National Alpin de Gap-Charance
  tulip guillestre

Description 
Hauteur : 20 à 30 cm, tige flexible
Feuilles : larges et ondulées sur les bords
Fleur : rose-lilas. Le cœur est bleu-violacé. Les pétales se terminent en petite pointe au sommet

Particularités de l’espèce
Tulipa platystigma fait partie des « néotulipes », comme les autres tulipes du jardin de
la Maison de la Nature des Hautes-Alpes. Son origine est incertaine : est-elle issue des populations relictuelles ouest-européenne apparentées aux taxons d’Asie centrale, ou vient-elle d’une naturalisation à partir de jardins de l’époque romaine ? La question nécessiterait des comparaisons ADN pour être résolue.

Distribution
La tulipe de Guillestre est une plante endémique, c’est-à-dire qu’elle ne vit que dans une zone géographique précise. On ne la trouve que dans le guillestrois.

Écologie
La tulipe de Guillestre croissait auparavant dans les prairies de fauche et de pâturage

Les menaces  
·         Cueillette et arrachage
·         Intensification des cultures
·         Fermeture des milieux
·         Urbanisation
·         Population restreinte

Statut de protection
Inscrite au Livre Rouge des espèces menacées

Situation actuelle
Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un foyer de tulipes de Guillestre, composé d’une vingtaine de plantes.
Sa protection est urgente. C’est une partie importante de notre patrimoine local
 
La convention 
La
Maison de la Nature des Hautes-Alpes est liée au Conservatoire Botanique de Gap Charance par une convention dans le but de reproduire et sensibiliser la population locale à l'importance et la rareté des tulipes sauvages. Ainsi, le Conservatoire Botanique s'engage à fournir le matériel végétal, tout en accompagnant le travail au jardin de conseils et de règles techniques indispensables au maintien des cultures.
De son côté, la
Maison de la Nature des Hautes-Alpes s'engage à :
* réaliser les interventions horticoles et le suivi annuel des cultures
* mettre en oeuvre la sensibilisation du grand public et des scolaires à la rareté des tulipes sauvages, et en particulier la Tulipe de Guillestre, endémique du guillestrois

Travail sur une année 
La bulbiculture
Afin de préserver les espèces présentes dans le jardin, la reproduction des tulipes se fait uniquement par les bulbes. Ainsi, sitôt après la floraison, la fleur est coupée mais pas les feuilles. En continuant la photosynthèse, sans s’épuiser à fournir des graines, le bulbe va se régénérer tout en produisant des bulbes fils. C’est ce qu’on appelle la reproduction végétative.
Au cours de l’été, les bulbes sont sortis. Ils sont alors séparés des bulbes fils, stockés puis replantés à l’automne. 
La virose
La virose est un virus qui panache les feuilles des tulipes. Bien que parfois esthétique, il est nécessaire de détruire les pieds touchés pour préserver l’espèce.

Le jardin de la Maison de la Nature des Hautes-Alpes :
Les tulipes présentes à la
Maison de la Nature des Hautes-Alpes bénéficient d’un programme de protection. Elles sont toutes en voie de disparition ou déjà disparues.

On y trouve :
·         la Tulipe de Maurienne, Tulipa mauriana Jordan & Fourr. : En danger - Alors qu'elles étaient encore abondante dans les années 50, ces tulipes se sont gravement raréfiées, notamment à cause de l'abandon de certaines cultures
·         la Tulipe de Didier, Tulipa didieri Jordan : En danger - Cette tulipe fût cru disparue puis retrouvé en 1990 dans un ancien jardin ouvrier de Maurienne où il ne reste que quelques individus
·         la Tulipe d'Aime, Tulipa aximensis Marjollet : Éteinte - le dernier foyer de cette petite tulipe aux senteurs d'aneth fût recensé en 1974
·         la Tulipe de Billiet, Tulipa billietana Jordan : Éteinte - le dernier foyer connu, en Savoie, a été détruit par des travaux en 1991

aximensis   billetiana

Ces espèces sont le plus souvent messicoles : elles vivent dans les cultures, les prairies de fauche ou encore les pâturages de basse altitude.
L’évolution de l’agriculture et les changements d’exploitation des terres qu’elle occasionne défavorise les tulipes : l’utilisation de machine ou l’avancement dans les dates de fauchage peuventdétruire les bulbes ou les ensevelir trop profondément.